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Le signet des enfants est un site pour les parents, les enseignants, les bibliothécaires et tous les amoureux de la littérature jeunesse. Vous trouverez ici des petites critiques de livres pour enfants de 0 à 12 ans, des entrevues et une foule d'informations susceptibles de vous faire connaître et aimer les livres pour enfants.

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jeudi 22 mars 2012

Auteurs en vedette: Tristan Demers et Pierre Labrie

Voici une entrevue que nous avons faite avec le duo d'auteurs, Tristan Demers et Pierre Labrie, de la nouvelle série d'albums pour enfants Salto.






Le signet des enfants: Voilà presque 30 ans que vous êtes auteur et illustrateur, d'abord avec la série Gargouille, puis avec Cosmos Café. Illustrateur de nombreux romans jeunesse et animateur d'ateliers interactifs, vous faites partie de la vie des jeunes depuis vos débuts. Si vous n'aviez pas été auteur-illustrateur, quel métier auriez-vous aimé faire?

Tristan Demers: J'aurais sûrement choisi l'enseignement ou le métier de comédien. Puisque je donne 300 animations BD par année en milieu scolaire et que j'y ajoute de l'humour et un côté théâtral dans la "livraison", j’imagine que je ne suis pas très loin de ce qui caractérise ces professions!

Le signet des enfants: Quand avez-vous commencé à publier des livres ?

Tristan Demers: À l'âge de 10 ans, d'abord à compte d'auteur et ensuite, aux éditions Mille Iles (avec une distribution adéquate) suite à une présence accrue en salons du livre et un contrat signé à 15 ans.


Pierre Labrie : J’ai commencé en 1995 à publier dans des collectifs, des livres d’artistes et en revues, essentiellement en poésie. Mais mon premier livre, à tout hasard, un livre de poésie en collaboration avec Carl Lacharité, est paru en 2000. 


Le signet des enfants : Vous écrivez de la poésie, des nouvelles, des romans jeunesse et vous venez de publier votre première série pour tout petits. Comment expliquez-vous cette polyvalence d'écriture?

Pierre Labrie : Je ne la vois pas vraiment, cette polyvalence. Je suis avant tout un poète, du moins c’est le médium qui me fait avancer depuis fort longtemps. Pour moi, la poésie sera toujours devant, toujours en avant-plan. Je pense arriver raisonnablement à écrire des romans pour la jeunesse et des albums pour les tout-petits sans trop m’éloigner de mon médium premier. (RIRES) Même dans une histoire de grenouilles, la poésie n’est jamais bien loin.

Le signet des enfantsD'où vous est venue l'idée de créer la série Salto avec votre ami ?

Tristan Demers : Pierre m'a contacté et m'a proposé l'idée. J'ai embarqué et on a fait 3 livres en 4 mois, c'était l'été, j'avais plus de temps libre et j'ai dessiné tous les dessins sur le bord de ma piscine! Ça c'est fait dans la joie et sans stress!

Pierre Labrie : J’avais une histoire de grenouilles de griffonnée, inspirée par une petite grenouille de quatre ans qui sautaient partout dans la maison - petite grenouille maintenant rendue à la maternelle (RIRES) -, et j’avais aussi le rêve de collaborer à ce type de publication avec un ami illustrateur. Je voulais une collaboration étroite avec Tristan pour Salto, pas seulement écrire des textes qui seraient illustrés par la suite avec deux ou trois indications. Tristan a rapidement embarqué dans l’aventure, ainsi que Boomerang éditeur jeunesse, et voilà que les trois premiers Salto sont nés en février dernier.




Le signet des enfantsC'est la première fois que vous travaillez sur un produit à quatre mains pour enfants, comment cela s'est passé ?

 
Tristan Demers :  Moi, ça me sort de mes BD et c'est un joli prétexte pour rejoindre un lectorat plus jeune. Et j'aime bien travailler en tandem.

Pierre Labrie : Même si je suis habitué avec les projets à plusieurs mains, je dois avouer que j’avais une petite appréhension, pas envers mon futur colocataire d’albums (RIRES) mais plutôt envers ce que nous serions comme équipe de travail. Ça fait toujours un peu peur, au début, car on connait bien l’autre mais sans avoir nécessairement travaillé avec. Cette appréhension est vite tombée. Tristan et moi travaillons vraiment bien ensemble. Notre complicité a été étonnante dès le départ. On peut même dire que nous sommes pas mal efficaces ! (RIRES x 2)

Le signet des enfantsAvez-vous trouvé votre expérience d'écriture pour petits différente de vos autres projets ?

Pierre Labrie : Différente au sens que je devais travailler étroitement avec un illustrateur, mais pas au sens de l’écriture comme tel. Il est important pour moi de toujours m’en tenir à ce que j’aime faire, et ce que j’aime faire c’est écrire, alors tant que je me sens dans mon élément tout va bien. Le jour où je sentirai que je doive travestir mon écriture pour un projet, je ne le ferai simplement pas…

Le signet des enfantsY a-t-il d'autres projets jeunesse qui mijotent ?

Tristan Demers : D'autres Salto, des prochaines BD de mes séries Gargouille et Cosmos Café et...je reste ouvert à tout!

Pierre Labrie : Oh que oui ! (RIRES) En plus de ma série Mistral qui se poursuit, le 4e tome sort à la fin mars, Salto aura possiblement quelques suites (on pense déjà tranquillement au prochain… et mon cerveau encombré d’idées est déjà rendu au huitième). (RIRES) J’ai un autre projet d’albums pour les tout-petits, coécrit avec Nadine Descheneaux et illustré par Éric Péladeau, qui paraîtra à l’automne. Nous avons bien hâte ! J’ai aussi trois projets que je dois garder secrets… (RIRES x 2) Et beaucoup trop d’idées pour le nombre d’heures dans une journée !




lundi 7 mars 2011

Illustratrice en vedette: Anne Sol

Pour la sortie de son livre C'est à moi, mon imagier chez La Bagnole (dont nous vous parlerons d'ici quelques semaines), nous avons fait une entrevue avec Anne Sol, qui partage sa vie entre la photographie, l'illustration et l'édition.



Le signet des enfants: Comment est née l'idée de cet imagier (C’est à moi, mon imagier )?

Anne Sol: Avec l'éditrice à l'époque des éditions du Baron perché en France, Maylis de Kerangal, en 2007. Je lui ai proposé un imagier sans texte, avec un classement des images par couleurs et... elle m'a proposé de faire l'imagier de la maison d'édition. ensuite, elle m'a laissée carte blanche pour le concevoir et le mettre en page.

Le signet des enfants: Vous faites beaucoup de photomontages pour illustrer des livres pour enfants. Qu'est-ce qui prend le plus de temps: faire les photos ou le montage?

Anne Sol: Faire des photos est mon premier métier, puisque j'ai fait une école de photos en France. À vrai dire, j'en fais tout le temps afin de me constituer ma propre banque d'images, dans laquelle je puise pour mes photomontages. Ensuite, pour les projets comme l'imagier, je détermine les images qu'il me faut, je regarde ce que j'ai déjà et je vais faire les autres. Là, je sollicite mon entourage, famille, amis, etc. et ça reste une partie de plaisir.

Le photomontage est un travail plus solitaire, que j'apprécie tout autant. Là, je suis toute la journée devant mon ordinateur, avec de la bonne musique et je suis très concentrée.

Je ne peux donc pas quantifier si l'une ou l'autre de mes activités me prends plus de temps que l'autre. Elles sont complémentaires et remplissent mes journées consacrées mon travail.

Le signet des enfants: Est-ce que vous faites les photomontages à la main ou à l'aide d'un logiciel informatique? Vous a-t-il fallu beaucoup de temps pour maîtriser cette technique?

Anne Sol: Je travaille uniquement avec Photoshop. J'ai eu la chance d'apprendre ce logiciel à l'école de photo. Plus tard, au fur et à mesure de mes activités, je me suis perfectionnée et je continue au fur et à mesure de mes projets à maîtriser de nouveaux outils ou à développer des techniques différentes.

Le signet des enfants: Comment partagez-vous votre temps entre votre métier d'éditrice et celui d'illustratrice-photographe?

Anne Sol: Je ne travaille pas à temps plein en tant qu'éditrice et j'ai la chance d'avoir une bonne flexibilité dans mes horaires de travail, ce qui me permets de m'adapter en fonction des rendus que j'ai à faire.

Le signet des enfants: Parmi les livres que vous avez illustrés, quel est celui que vous préférez ? Pourquoi?

Anne Sol: Je ne vais pas vous faire une réponse très originale. Chaque projet est différent et contient son lot d'émotions, de joie, de déception, de bons ou de mauvais souvenirs. J'essaye d'éviter de m'arrêter à un projet, en disant, celui-là c'est le bon ! Je pense que cela pourrait empêcher mon style d'évoluer et j'ai encore besoin que mon style évolue pour progresser. C'est indispensable.



Le signet des enfants: Où puisez-vous votre inspiration?

Anne Sol: Dans mon enfance et dans l'histoire de l'art.

Le signet des enfants: Quel est le plus beau commentaire qu'on vous a dit sur votre travail?

Anne Sol: Qu'il est joyeux.

Le signet des enfants: Sur quel(s) projet(s) travaillez-vous présentement?

Anne Sol: Des projets personnels que je présenterai à des éditeurs ultérieurement.

Pour en savoir plus sur le travail de cette illustratrice-photographe, vous pouvez visiter son blogue : http://annesol.blogspot.com/.

mardi 30 novembre 2010

Auteur en vedette: Fabrice Boulanger (deuxième partie)

Voici donc la suite (tant attendue, j'en suis convaincue!) de notre entrevue avec Fabrice Boulanger!



Le signet des enfants: Vous inspirez-vous parfois de personnes que vous connaissez pour illustrer certains personnages?

Fabrice Boulanger: Incontestablement. Mes enfants d'abord, ma femme aussi. L'album Maman va exploser, c'est elle qui me l'a inspiré quand elle était enceinte de Colin, notre garçon. Nous vivions toutes sortes de situations cocasses, c'était tout nouveau pour nous, on ne savait pas à quoi s'attendre du jour au lendemain! J'ai eu envie de me mettre dans la peau d'un petit garçon qui voyait grossir sa maman sans savoir ce qui allait arriver (puisque, pour lui, le nouveau bébé est une surprise).

Sinon, les enfants que je côtoie lors d'animations scolaires m'inspirent aussi, mais moins pour leur personnalité, plutôt pour leur gestuelle, leur attitude et parfois... leur accoutrement!

Le signet des enfants: Y a-t-il un livre que vous avez particulièrement aimé illustrer? Pourquoi?

Fabrice Boulanger: La série Archimède Tirelou. Probablement parce que cette série se situe dans un univers vaguement onirique, quelque part au cœur d'une époque victorienne imaginaire, au début d'une ère industrielle. J'apprécie particulièrement cette période. Je ne sais pas trop pourquoi, probablement à cause de mes lectures (Verne, Doyle, Leblanc, etc.). Peut-être aussi parce que la science, à l'époque, s'est permise de prendre toutes les directions possibles et a donné lieu à des inventions aussi poétiques que pratiques.

Et puis le personnage d'Archimède est assez proche de moi-même, un peu olibrius, un peu rêveur, un peu bricoleur...

Toutefois, je caresse un rêve depuis quelque temps, parvenir à adapter Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne (mon auteur préféré) pour les petits. C'est le même genre d'univers, mais je devrais m’approprier le texte et faire passer un roman de 600 pages à la trentaines de page que comporte un album. Un défi intéressant. Je ne sais pas si je vais avoir le courage de m'y attaquer mais ce serait un de ceux que j'aimerais le plus faire.
Le signet des enfants: Sur quel projet travaillez-vous présentement?

Fabrice Boulanger: On a une limite de caractères pour cette interview??? Allez, je me lance!

Pour le moment, je continue la série Marie-P avec mon amie Martine Latulippe, aux éditions Foulire. L’accueil pour cette série est très bon.

Toujours avec Martine, nous allons débuter une autre série pour les plus petits, mais je n'en dis pas plus pour préserver le suspense.

Si tout ce passe bien, je ne vais pas tarder à démarrer une série d'album pour Hurtubise HMH, avec l'auteur Pascal Henrard, mais c'est en cours de négociation.

Je fais aussi des couvertures de roman, des affiches, par-ci par-là, quand j'en ai l'occasion.

De mon côté, il me reste à publier le quatrième tome de la série Alibis inc. pour clôturer « le dossier » mais la première version est terminée, il faut passer à la révision éditoriale.

J'ai commencé une nouvelle série, toujours pour le même public adolescent, le premier tome est déjà sur le bureau de l'éditeur, mais, question marketing, il est plus logique d'attendre la fin d'Alibis inc. avant d'entamer une nouvelle série. Il sera cette fois question de téléréalité et d'un peu de fantastique. Le deuxième tome est en gestation.

Je cogite également sur une série de romans pour plus jeunes, fantastique et humoristique, où il serait question de fantômes.

Enfin, question album jeunesse, j'ai préparer un album sur le deuil (ici, je réalise l'histoire et l'image). C'est un sujet très complexe et difficile à aborder. Un beau défi. Ce sera probablement un album assez monochrome, sans texte, qui se passe pendant la première guerre mondiale dans un village du Québec. J'ai réalisé une première version, mais je ne suis pas encore prêt à le soumettre à des éditeurs, il a besoin de mûrir encore un peu dans mon tiroir.

Et puis, sur le très long terme... peut-être une adaptation de Vingt mille lieues sous les mers... qui sait...



Pour en connaître plus à propos des oeuvres de Fabrice Boulanger, ous pouvez consulter son site Web ici

dimanche 28 novembre 2010

Auteur en vedette: Fabrice Boulanger (Première partie)

Voici la première partie de l'entrevue que nous avons faite avec l'auteur et illustrateur Fabrice Boulanger.


Le signet des enfants: Combien de temps vous faut-il pour illustrer un livre pour enfants?

Fabrice Boulanger: Ça dépend du projet. Un roman illustré me prend environ de deux semaines. Pour un album couleur, c'est plus long, ça peut aller jusqu'à deux ou trois mois pour les gros projets.

Le signet des enfants: Qu'aimez-vous de votre métier?

Fabrice Boulanger: Premièrement, la liberté qu'il me procure. Même si je me mets au service d'auteurs, il n'en reste pas moins qu'on fait appel à mes services en connaissant mon travail. Donc finalement, on me laisse le champ libre pour vagabonder dans mon registre. Il y a, bien sûr, toujours une part de contraintes pour chaque projet, mais généralement, elles deviennent vite un moteur créatif. Lorsque je réalise texte et images, c'est le pied total!

Dans le même ordre d'idée, la liberté de refuser les contrats qui ne m'intéressent pas... et je ne me gêne pas. J'ai appris, avec la pratique, qu’accepter tout et n'importe quoi me coinçait systématiquement dans des contrats qui ne me motivaient pas et m'empêchaient d’accepter ceux qui me tentaient vraiment.

Deuxièmement, la franchise de mon lectorat. Vous pouvez fourguer un vin d'épicerie à un adulte en lui disant qu'il s'agit d'un Chateauneuf du Pape, il y a de bonne chance qu'il le trouve remarquable. Faites la même chose avec un enfant (remplacez idéalement le vin par du jus bas de gamme), l'enfant vous dira que ce truc est imbuvable! C'est difficile de s'égarer avec un lectorat aussi critique. Si j'ai fait fausse route pour une histoire (autant pour mon travail d'auteur que pour celui d'illustrateur), je m'en rends compte dès que je confronte le livre à son public.

Le signet des enfants: Qu'est-ce que vous aimez moins de votre métier?

Fabrice Boulanger: Pas grand chose... Disons que j'aimerais parfois bénéficier de plus de temps pour m'occuper de mes projets personnels, mais je parviens tout de même à sortir l'une ou l'autre chose de temps en temps. Ceci dit, j'adore pouvoir travailler en collaboration d'auteurs intéressants. C'est tout un luxe!

Le signet des enfants: Vous avez illustré beaucoup de livres, mais vous avez également écrit quelques livres jeunesse. Le passage d'illustrateur à auteur a-t-il été facile? Qu'est-ce qui vous a décidé de faire le saut?

Fabrice Boulanger: Il faut savoir qu'avant même d'avoir une formation d'illustrateur, j'ai eu une formation de scénariste. En début de carrière, je focalisais sur l'illustration car, disons le franchement, c'est plus payant à court terme! Quand mes contrats d'illustrations ont commencé à bien tourner, l'envie d'écrire m'est revenue tranquillement. Il n'y a pas eu véritablement de saut, j’appellerais plutôt ça un changement de médium. J'ai commencé à rédiger la série Archimède Tirelou, inventeur parue chez Michel Quintin. Après d'autres histoires ont suivies pour plusieurs autres éditeurs. Le plus gros morceau a été la série Alibis inc. parue chez Québec-Amérique. Là je me suis défoulé, j'avais envie de monter une intrigue plus complexe avec des rouages plus proches du polar. Plus rien à voir avec la littérature pour tout-petits. Ce saut-là, et la collaboration avec deux excellentes éditrices (A-M Villeneuve et M-J Lacharité) m'a vraiment permis d'amélioré beaucoup ma technique d'écriture.



Vous pourrez lire la suite de cette entrevue dans quelques jours!

samedi 30 octobre 2010

Illustrateur en vedette: Mireille Levert



C'est avec un grand plaisir que nous vous présentons aujourd'hui une entrevue avec la talentueuse illustratrice Mireille Levert, qui depuis plusieurs années, est également auteure. 

Le signet des enfants: Comment avez-vous commencé à illustrer des livres?  Avez-vous eu la piqûre jeune?

Mireille Levert: Ma première vraie passion a été pour les livres. Je me souviens encore très bien du plaisir que j’éprouvais petite assise par terre entre les rayons de livres à la bibliothèque municipale de ma ville natale à lire et regarder les images: une vraie délectation. Ma deuxième extase a été sans aucun doute pour la peinture. Lorsque j’étais enfant le Musée des Beaux-Arts de Montréal était gratuit. Mes parents nous y amenaient moi et mes deux soeurs. Je me vois encore planter debout devant un immense tableau et ressentant une grande émotion d’admiration et de joie. Ce n’est que beaucoup plus tard en travaillant dans une librairie de livres pour enfants sur la rue St-Denis, « La courte échelle»,  que j’ai découvert enfin le métier d’illustrateur pouvant allier mes deux passions.

Le signet des enfants: Quels sont vos sources d'inspiration?

Mireille Levert: Depuis une quinzaine d’années je suis auteure et illustratrice d’album alors les idées peuvent autant naître de l’image, d’un petit dessin que des mots. Ainsi pour Capucine et Lupin pour toujours j’étais habitée par deux étranges personnages un chien-abeille et une fée-arrosoir. Je les ai dessinés sur un bout de papier puis j’ai écrit quelques mots et j’ai refait quelques petits dessins et ainsi de suite. Lentement dans ce jeu de va et viens entre l’image et le texte le livre s’est construit. Parfois une personne déclenche l’étincelle. Pour Émile Pantalon j’ai rencontré un homme très sympathique mais démesurément grand. J’étais étonnée, fascinée. J’ai écrit la première version  très rapidement, je n’ai pas eu le temps de faire d’ébauches d’illustrations, j’ai esquissé par après. Je suis particulièrement fière de cette histoire qui traite d’intolérance de façon poétique et rigolote. Je vous laisse découvrir comment j’ai solutionné mon problème pour les illustrations. Comment mettre en scène un enfant géant avec un format de livre carré.

Le signet des enfants: Quels sont vos personnages préférés, parmi ceux que vous avez inventés?

Mireille Levert: J’ai un faible pour Rose dans Les nuits de Rose, le premier album que j’ai entièrement écrit et illustré (auparavant je ne faisais qu’illustrer) parce que j’adore la raconter et que si les enfants gigotent un petit peu pas mal, beaucoup, la magie opère toujours. C’est mon classique en quelque sorte. J’aime beaucoup aussi Émile Pantalon, dans les deux cas c’est la dimension émotive qui je crois captive.

Le signet des enfants: Où dessinez-vous?

Mireille Levert: Dans mon atelier pour la belle lumière et la tranquillité. J’aime et j’ai besoin de silence. Le silence me nourrit et rend tout possible. Mon imagination se met aussitôt à  gambader bienheureux, à faire des galipettes avec les mots et les images.

Le signet des enfants: Quels conseils donneriez-vous à une personne qui voudrait être illustrateur?

Mireille Levert:

1) Suivre quelques cours en illustration soit au Cegep ou à l’Université pour bien comprendre la communication en images.

2) S’inscrire à « Illustration Québec » (anciennement Association des illustrateurs et illustratrices du Québec) et participer aux activités.

3) D’abord travailler beaucoup les idées, les concepts. Développer ensuite une bonne technique et un style.

4) Surtout être très persévérant et ne pas se décourager devant les refus. Si vous avez toujours pensé qu’être têtu est un défaut et bien profitez-en ici c’est une qualité.

Le signet des enfants: Avez-vous des projets en cours présentement?

Mireille Levert: J’ai beaucoup de petits plats qui mijotent en même temps parce que je suis vraiment pleine d’idées. Il y en a un qui me tient à coeur à propos de qu’est-ce que les enfants rêvent de devenir plus tard quand ils seront grands. Je me sens vraiment concernée par le problème de l’estime de soi chez les enfants et la vision qu’ils ont de leurs places dans la société. J’ai aussi recommencé à faire de la peinture et curieusement les tableaux me parlent, me font écrire.